J'ai adoré "Home" d'Ursula Meier avec Isabelle Huppert et Olivier Gourmet ( entre autres d'un cast brillant). Film qu'on dit singulier et étrange mais qui pour moi est aussi étrange et singulier que peut l'être la normalité. Cette famille dont la vie va basculer après que l'autoroute qui se trouve à 5 mètres de leur maison ne réouvre après des années à l'abandon. Isabelle Huppert est en plus magnifiquement belle dans ce film, tous les acteurs y sont prodigieux. Par moment il y a un côté film indé américain, il y a du Harmony Korine dans ce film.
J'ai aussi adoré "Tokyo".Le court de Gondry avec cette femme qui se transforme en chaise car écrasée par l'anonymat et la pression d'une grande ville comme Tokyo est poétique. "Merde" de Leos Carax est un film drôle. Oui Film drôle et Leos Carax dans une même phrase. Le dernier film pâti un peu de la comparaison avec la superbe de ses deux prédécesseurs et pourtant il est aussi magnifique dans son style plus "asiatiquement conventionnel".
J'ai adoré "Vilaine", j'ai ri de bon coeur devant l'énormité des gags et j'ai passé un très bon moment.
Vient maintenant le moment du vomissage ultime qui n'est point exagéré pour une fois. Il m'a fallut une semaine pour digérer et defequer enfin l'horrible tambouille qu'on m'a fait avaler en traitre : "La danseuse malade" de Boris Charmatz avec Jeanne Balibar au theâtre de Paris.
A priori j'aime beaucoup Jeanne Balibar que ce soit au cinéma avec sa voix particulière, sa diction, son air étrange de toujours être ailleurs, son regard dont on ne sait s'il reflête une vacherie qu'elle pense sans la dire ou s'il témoigne de son réveil récent. J'aime Jeanne Balibar avec Poni Hoax parce que j'aime Poni Hoax sans Jeanne Balibar et Jeanne Balibar sans Poni Hoax, la rencontre aurait pû être ratée et heureusement elle ne l' a pas été contrairement à la rencontre Jeanne Balibar et Boris Charmatz.
Dés le lendemain Serge m'avait dit "J'emploie tout mon temps libre à chercher des critiques acides donc realistes sur "la danseuse malade"", par curiosité j'ai fait pareil et je suis tombé non pas sur une critique du spectacle mais une éloge de celui-ci avant même sa première ( à laquelle nous avons assisté) par Marie-Christine Vernay dans Libération et on peut dire que j'ai été très enervé par le passage " La réception du public importe peu" j'étais même putain de furax on peut dire et ça n'était rien comparé à combien j'ai été prêt à rouler sur la journaliste et les deux protagonistes du spectacle avec le camion figurant dans celui-ci quand j'ai vu que mon commentaire de spectateur n'a pas été retenu dans les commentaires . Libération ( tout comme Les Inrockuptibles) ont toujours eu tendance à casser les choses avant de les avoir vu ou sans même les voir, ce n'est pas nouveau ces à prioris mais là, un tel copinage est sidérant. Les deux magazine/journal ont pendant la semaine précédent le spectacle vendu ce dernier comme un chef d'oeuvre à ne pas manquer sans même l'avoir vu et ne se sont même pas fatigués à en faire la critique après coup. Ils auraient eu du mal à dire la vêrité sur ce ratage grotesque après avoir mis Jeanne Balibar en couverture et loué le spectacle à l'avance, ça aurait été du journalisme et on sait bien que ce n'est pas le mêtier de Libé ni des Inrocks qui marchent au copinage.
On nous a dit que Jeanne Balibar avait repris la danse ( elle est danseuse à la base) depuis 3 ans en vue de ce spectacle. Dans les faits elle se roule sous un camion de livraison 5 minutes, en faisant dépasser son pied de temps à autre pour qu'on n'oublie pas qu'elle est là puis à la fin du spectacle elle se met en équilibre sur un pied et soulève l'autre comme sur l'affiche de "Karaté Kid" et voilà, 3 ans pour faire ça. Ce serait remarquable s'il y a 3 ans elle avait été paraplégique et que cela constituait un retour "debout" mais il y a 3 ans elle était parfaitement valide = GROS FOUTAGE DE GUEULE ! Ces 3 années lui ont peut-être servi à apprendre à braquer et contre-braquer un camion de livraison Renault puisque cela constitue 98,9% du spectacle total mais au bout de 10 minutes les personnes dans la salle ( dont l'ennui faisait concurrence à leur envie de se pendre) avaient comme moi posé leur regard sur le bras mécanique au plafond qui faisait bouger le camion et constituait pendant 2 minutes quelque chose d'intéressant à voir ce soir là.
Le Kabuki comme le theâtre No ou la danse Buto (comme il était question dans ce spectacle) sont des arts japonais tellement chiants à la base que cela aurait dû être un indice pourtant "La danseuse malade" réussi à être chiant sans avoir recours à aucun des trois. Bravo ! Et encore bravo aussi pour avoir en une heure ( qui ont paru en durer 4) synthétisés tous les clichés du spectacle chiant qui fait fuir les salles et les theâtres et dont on attribue injustement l'image à Arte. Ce n'était pas uniquement chiant à mourir mais grotesque à en avoir honte par empathie.
A la base il s'agissait d'un spectacle de danse rendant hommage à Tatsumi Hijkata qui inventa le Bûto mettant en scène Jeanne Balibar en train de danser.
Dans les faits on a eu droit à Jeanne Balibar le cul dans un camion de livraison Renault, récitant d'une voix monocorde un texte de Tatsumi Hijkata
avec le parti pris de faire semblant d'être enrhumée et un peu saoule rendant incompréhensible le texte à l'oreille la plus attentive et pleine de bonne volonté et quand au bout de 45 minutes elle dit " Je sais que vous avez l'impression que je dis n'importe quoi" le public a ri certes mais de dépit pas amusé pour un sou, du moins pour les gens qui restaient parce que ça partait par groupes. J'ai regardé Christophe et je lui ai suggéré de regarder les gens qui restaient dans la salle, c'était là qu'était le vrai spectacle : ils soufflaient, se touchaient le frond, remuaient la tête en pinçant les levres, incrédules, ils étaient à bout et nous aussi si bien que quand nos souffrances ont été abrégées par la fin du spectacle et que j'allais machinalement applaudir Christophe m'a dit sèchement "Ah non ! Tu vas pas applaudir ça !"...pourtant il était bien le chien...oui parce qu'à un moment un chien dressé arrive sur scène en courant et bouffe la gueule du chorégraphe/metteur en scène et on aimerait tellement être à sa place sauf que nous on ne lâcherait pas la proie et on irait jusqu'au sang pour nous avoir fait subir un truc pareil.
Ouais le chien était bien....
3 commentaires:
Ah la la ouais, Home c'est LE film 2008
Il ya une critique merveilleuse de "La Danseuse Malade" dans les Inrocks... et je n'arrive pas à comprendre. J'en conclus que c'est des chauds du cul et qu'ils aiment se faire baiser car ce spectacle c'est du foutage de gueule.
Et après comment je fais pour convaincre quiconque d'aller voir de la danse si on confond danse et manoeuvre d'auto-école.
Pour ce qui est de Tokyo, j'en reviens pas que tu ne parles pas du vieux con derrière moi qui n'arrivait pas à voir derrière moi. Depuis j'ai coupé mes cheveux et j'ai perdu tout charme.
Juste un petit commentaire sur la phrase suivante :
"Libération ( tout comme Les Inrockuptibles) ont toujours eu tendance à casser les choses avant de les avoir vu ou sans même les voir, ce n'est pas nouveau ces à prioris mais là, un tel copinage est sidérant. Les deux magazine/journal ont pendant la semaine précédent le spectacle vendu ce dernier comme un chef d'oeuvre à ne pas manquer sans même l'avoir vu et ne se sont même pas fatigués à en faire la critique après coup. "
Loin de moi l'idée de défendre les journalistes culturels de ces journaux, ou de prendre parti pour ce spectacle que je n'ai pas vu, mais il me semble important de préciser que ce spectacle a eu une existence avant Paris, qu'il a été créé fin septembre 08 à Angers, et qu'il a tourné entre Angers et Paris dans plusieurs villes dont Genève... Ceci explique peut-être pourquoi des journalistes peuvent écrire sur un spectacle qu'ils n'ont certes pas vu à Paris, mais qu'ils ont vu ailleurs...
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